Le 1er juillet 2011 marque le coup d’envoi de l’expérimentation sur l’affichage environnemental, une initiative nationale ambitieuse menée par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable. Plus de 1000 produits de consommation courante dévoileront ainsi leurs qualités environnementales aux consommateurs. 230 entreprises, toutes tailles et tous secteurs d’activités confondus, se sont portées candidates au projet. Un succès inattendu pour le Ministère du Développement Durable, qui, au final, a retenu 168 dossiers afin d’offrir au consommateur un affichage environnemental portant sur un spectre très large de produits de consommation, de l’alimentaire à la téléphonie en passant par l’électroménager.
La grande innovation à l’échelle internationale de l’initiative française réside dans son approche multi-critères. Loin de se restreindre à une information « carbone-centric », basée exclusivement sur la quantité de CO2 rejetée sur le cycle de vie du produit, le Ministère du Développement Durable a opté pour la prise en compte de plusieurs critères dès la phase expérimentale du projet. L’étiquetage environnemental intégrera systématiquement le niveau d’émission en gaz à effet de serre ainsi que l’impact sur les ressources naturelles (eau, air, biodiversité, consommation d’énergie…) en fonction de la catégorie de produit. Pour Jérôme Dupuis, Directeur adjoint des partenariats entreprises de la Fondation WWF France et chargé du projet d’affichage environnemental d’Orange depuis 2008, la pertinence de l’affichage environnemental réside dans la capacité à conjuguer les critères de flux (consommation énergétique, empreinte carbone) et les critères qualitatifs (respect de la biodiversité, traçabilité et toxicité des matières entrant dans la composition des produits finaux) afin d'offrir une évaluation juste de l'efficacité environnementale des produits. Prenons un exemple simple, celui des lessives : le critère le plus pertinent pour évaluer leur performance environnementale n’est pas la quantité de CO2 rejetée pour leur fabrication mais bien l’impact des substances chimiques entrant dans leur composition sur la qualité de l’eau.
Un encadrement a minima pour favoriser l’adhésion des entreprises au projet
Hormis les critères définis par le Ministère, variables selon la catégorie de produits, les entreprises disposent d’une très grande liberté sur la façon de présenter les informations au public. Elles sont notamment libres de choisir les unités de mesure et les supports d’information (emballage, étiquetage en rayons, pages internet dédiées…). Afin d’harmoniser l’affichage environnemental, plusieurs entreprises concurrentes se sont concertées pour définir des unités de mesure et des modèles de présentation communs, qui garantissent au consommateur une meilleure lisibilité et une comparaison plus aisée. Le Ministère du Développement Durable n’interviendra pas non plus sur le contrôle des informations transmises aux consommateurs, comptant sur une régulation à l’instar des concurrents et des associations.
Vers des fournisseurs plus écologiques
Si l’objectif initial de l’affichage environnemental est d’informer le consommateur, la transparence écologique joue par effet de ricochet sur l’ensemble des fabricants et des sous-traitants. Pour permettre de garantir le produit final le plus écologique possible, il faut en effet pouvoir jouer sur la chaîne de fabrication et d’approvisionnement. Dans le cas d'Orange, la mise en place de l’étiquetage environnemental sur les téléphones en 2008 a conduit les fournisseurs, sous-traitants et prestataires de services de l’opérateur à développer une démarche de transparence écologique. Les questionnaires réguliers et les audits sur la performance environnementale mis en place par Orange auprès de ses fournisseurs a eu une incidence très positive sur le développement de bonnes pratiques écologiques.
Source : Revdurable